Les koalas sont de sales brutes !

Vous aviez prévu de partir en Australie pour les fêtes et tout vient de tomber à l’eau ?

Pas de panique, un petit livre de Kenneth Cook va vous consoler : The Killer Koala (Tortoise Shell Press, 1986) pour la version originale, Le Koala tueur et autres histoires du bush (Le Livre de Poche, 2011) pour la traduction française. Et vous bénirez le ciel d’avoir empêché ce voyage…

2014-11-21 13.46.26

Grâce à quinze petites nouvelles au ton pince-sans rire très humoristique, vous découvrirez en effet qu’il y a des chameaux qui sentent très mauvais de la bouche dans le désert australien, que des serpents au venin mortel s’infiltrent couramment dans les bars, que les koalas ne sont pas les gentils marsupiaux que vous aviez toujours rêvé d’observer mais de féroces créatures revanchardes, et surtout, que le comble de la courtoisie pour un authentique Australien du bush est de vous saluer d’un « G’day mate » – c’est à dire « Sssalut mon pote » (libre traduction) – avant d’ingurgiter des litres de bière ou de whisky sans plus de conversation… Ne parlons même pas des aborigènes, qui, sous couvert d’être proches de la nature, se révèlent les plus retors des businessmen.

Je me demande si l’auteur a subi les conséquences de l’Office du tourisme australien après cette peinture au (gentil) vitriol de la faune de son pays. Il n’hésite pas à explorer des situations outrageusement cocasses, parfois à la limite de la scatologie, et nous assure que toutes sont authentiques…

Kenneth Cook est toutefois loin de renier sa mère-patrie puisqu’il continue à l’arpenter amoureusement pour en tirer de savoureux portraits de ses concitoyens et congénères à deux ou quatre pattes. Avis aux amateurs : la suite des histoires du bush est dans La Vengeance du wombat (J’ai lu, 2012) et L’Ivresse du kangourou (J’ai lu, 2013).

Moi, avec ses tribulations d’écrivain-aventurier, cet auteur m’a fait voyager et sourire de bon cœur tout en restant à Paris. Son écriture enlevée brosse une situation en un clin d’œil : on sent jusqu’à la sueur dégouliner de son front dans ces paysages solitaires écrasés par l’été austral, nos yeux se plissent avec les siens en entrant dans la pénombre soudaine d’un pub puis s’écarquillent devant un tableau loufoque : sept piliers de bar réfugiés d’un bond sur le comptoir, sous la menace d’un serpent venimeux à l’œil torve…

Un dépaysement rigolo et à moindre frais, ce n’est déjà pas si mal pour cette grise période de décembre !

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